Les Soprano, la Mafia du New Jersey

Les Soprano nous plonge dans l’univers de la Mafia de l’Etat du New Jersey, situé à côté de New York. Nous suivons au cours des 6 saisons le personnage de Tony Soprano, membre de la Mafia, mari et père de famille, et qui est aussi dépressif.

Série à succès de HBO, les Soprano a largement contribué à la renommée de la chaîne câblée, et a eu une influence sur de nombreuses séries, notamment celles centrées sur des anti-héros (The Shield, House, Dexter, Breaking Bad…).

Une série culte pour beaucoup, que je me devais de voir. J’avais déjà fait deux tentatives il y a quelques années, mais sans dépasser l’épisode 4. Je me suis donc lancée de nouveau, et cette fois-ci j’ai été jusqu’au bout.

Voici mon avis, attention spoilers !

the sopranos

J’ai donc repris la série depuis le début. Et j’avoue qu’il m’a fallu pas mal de temps pour accrocher. Je m’étais fixé comme but de voir au moins la première saison, mais finalement l’intrigue m’a suffisamment intéressée pour que je continue.

Le personnage principal, Tony Soprano, change des personnages de mafieux que l’on a l’habitude de voir. Oui, il commet des crimes et fait des choses détestables, mais à côté de ça on voit aussi son côté plus humain, plus « ordinaire », avec sa famille notamment. Il est aussi dépressif, sujet à des crises d’angoisse, et se rend chez une psychiatre. Interprété par le regretté James Gandolfini, c’est un personnage très charismatique, et selon les moments il peut tour à tour nous amuser, nous émouvoir, nous surprendre, nous énerver. Et il fait des rêves complètement barrés !

Les autres personnages sont également intéressants et bien écrits, même s’ils ne sont pas tous aussi développés les uns que les autres. Et on a un paquet de personnages secondaires, qui vont et viennent au fil des saisons. Mais globalement, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Beaucoup d’entre eux m’agacent en fait (Christopher, Livia, Janice, Richie…).

Concernant les intrigues, j’ai trouvé que l’intérêt variait vraiment d’un épisode à l’autre. Certains épisodes sont très intéressants et captivants, mais il y en a quand même beaucoup que j’ai trouvés assez moyens. J’ai surtout ressenti cela un peu avant le milieu de la saison 6, j’ai eu l’impression que l’histoire n’avançait pas, tournait un peu en rond par moments.

Un peu déçue aussi que certaines intrigues ne trouvent pas de vraie conclusion. Par exemple, dans (le génial épisode) Pine Barrens, Chris et Paulie poursuivent un Russe dans la forêt. L’épisode donne l’impression que le Russe est une menace, qu’il va raconter à ses supérieurs ce que Paulie et Chris lui ont fait subir et que ça va mal finir. Mais on n’en entend plus jamais parler. Même chose concernant le viol du Dr Melfi. On n’attend qu’une chose, qu’elle en parle à Tony pour qu’il aille régler son compte au type. Mais rien. Je trouve ça un peu dommage.

the sopranos finaleVenons-en au final de la série, la dernière scène. On s’attend pendant tout l’épisode à ce qu’il arrive quelque chose à Tony. Qu’il se fasse tuer, ou arrêter. Au lieu de ça, on le voit tranquillement au restaurant en train d’attendre sa famille, guettant la porte dès que quelqu’un entre. Puis plus rien. Ecran noir.

Je me suis d’abord demandée s’il ne manquait pas un morceau à l’épisode, ou s’il n’y avait pas un autre épisode après. Puis j’ai essayé de comprendre ce que cela signifiait. C’est très frustrant, on ne voit pas ce qu’il lui arrive, du coup on peut imaginer à peu près tout. Mais apparemment Tony est bien mort. David Chase, le créateur de la série, a laissé plusieurs indices dans cette dernière scène. Pour en savoir plus, je vous invite à lire dans cet article que j’ai trouvé (en anglais) les explications détaillées avec captures d’écran à l’appui. Bref, ce n’est peut-être pas mon final de série préférée, mais en tout cas il m’aura marquée.

Donc, pour résumer, je suis assez déçue de cette série par rapport à tous les éloges que j’avais pu entendre. Je m’attendais à mieux, à autre chose peut-être. Cela dit, je ne regrette pas de l’avoir vue, rien que pour le personnage de Tony Soprano elle vaut le détour. Mais pour moi elle est loin d’être le chef-d’oeuvre dont tout le monde parle. (Ce n’est que mon avis personnel, bien entendu si vous souhaitez donner le vôtre ou réagir, les commentaires sont là pour ça).

Etats-Unis
HBO
1999-2007
  • Axel Remaster

    … et pourtant. Les Sopranos sont bien le chef d’œuvre annoncé… Si en 2012, les lecteurs et journalistes de Vulture l’ont désigné comme la 2ème plus grande série de tout les temps ce n’est certainement pas par hasard… Et encore moins, quand on sait qu’elle reste à ce jour l’une des séries les plus couronnées aux Emmy Awards et Golden Globes… Je peux comprendre certains points de vue de ta critique, mais ils manquent à mes yeux dans ton papier bon nombres de points qui font des Sopranos un « classique » :

    (1) Un casting incroyable, mêlant une grande partie du casting des Affranchis, des guest de très haut niveau (Steve Buscemi par exemple), des habitués des grands classiques HBO et un James Gandolfini extraordinaire du 1er au dernier épisode ;
    (2) Une réalisation et une « image » que seul Twin Peaks à l’époque avait réussi à approcher, proche du grand cinéma. Que ce soit dans les scènes purement mafieuses ou dans les contemplations et autres rêveries de Tony, la réalisation est toujours irréprochable ;
    (3) Une B.O. de très grande qualité mêlant tous les styles musicaux et qui sied toujours parfaitement aux scènes…
    (4) L’originalité du concept, où un Boss de la Mafia est suivi dans sa vie de tous les jours comme un quidam ordinaire, et ses séances chez la Psy, Jennifer Melfi, qui sont des purs moments de bonheur… La manière dont sa Psy se rend compte du caractère purement psychopathique de son client au fur et à mesure des 6 saisons est réellement savoureuse.
    (5) La qualité de l’écriture qui revisite toute la culture américaine contemporaine…
    (6) Des personnages secondaires géniaux (Sylvio, Paulie, Junior, Adriana & Christopher, Dr. Melfi sans oublier la géniale interprétation de Edie Falco dans le rôle de Carmela…)

    Alors oui, The Sopranos n’est pas LA série parfaite (n’est pas « The Wire » qui veut) et je rejoins une partie de tes critiques, notamment sur la qualité inégale de certains épisodes et la fin de la série qui peut paraître curieuse… Mais elle a été la série pionnière pour bon nombre de « Hits » des années 2000 et reste un chef d’œuvre intemporel que tout amateur de séries digne de ce nom se doit d’avoir dans sa DVDthèque, rangé entre « Oz » et « Six Feet Under ».

Copyright 2017 SerieTime - Mentions légales