Marche à l’Ombre, la réinsertion des détenus au Québec

C’est au festival Séries Mania en 2016 que j’ai découvert Marche à l’Ombre. Des séries québécoises, on n’en voit pas tous les jours, c’était donc une occasion à ne pas rater. Les 2 premiers épisodes diffusés m’avaient beaucoup marquée. De nombreuses séries nous montrent la vie en prison, mais c’est plutôt original de s’intéresser à un centre de réinsertion.

J’avais aussi été impressionnée par le réalisme des personnages et des situations, et par des moments très intenses et chargés en émotion, où rien ne nous est épargné (je pense particulièrement à une scène difficile à la fin du 1er épisode). N’étant pas habituée à l’accent québécois, j’avais cependant eu du mal à tout comprendre, mais cela ne m’a pas empêchée de continuer.

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Marche à l’Ombre nous entraîne dans le quotidien d’une maison de transition de Montréal, le Phoenix. Dans ce centre de réinsertion, nous suivons les intervenants (ou agents de libération conditionnelle), mais aussi les résidents, qui viennent de sortir de prison. En semi-liberté, ces derniers doivent respecter des règles et un couvre-feu, tout en cherchant un travail et en préparant leur sortie. Les intervenants veillent à ce qu’ils respectent leurs conditions, et peuvent les renvoyer en prison (« en-dedans ») si ce n’est pas le cas. Mais ils sont aussi là pour les accompagner et les conseiller, notamment dans leur recherche d’emploi.

Nous suivons plus particulièrement Rachel, une intervenante, qui est confrontée à un événement inattendu et traumatisant au début de la saison 1. Cela va avoir des répercussions sur ses méthodes de travail et sa relation avec les résidents, et elle va se retrouver peu à peu dans une situation qui la dépasse. Malgré ses erreurs, elle a la chance de pouvoir compter sur ses collègues, Tania, Audrey, Tom, ainsi que leur responsable, Gilbert.

Dans la saison 2, un an s’est écoulé. Les résidents du Phoenix ne sont plus les mêmes, mais j’ai été ravie de revoir aussi quelques anciens au cours de la saison, de voir ce qu’ils sont devenus, les chemins qu’ils ont pris. Cette saison comporte plus d’enjeux et de tension dramatique que la première, on sent que tout peut arriver, elle nous tient en haleine jusqu’au bout. On en apprend aussi davantage sur le passé de Rachel.

La saison 3, qui est aussi la dernière, se trouve raccourcie puisqu’elle ne compte que 6 épisodes au lieu de 10 pour les précédentes. Les intrigues avancent plus vite, parfois un peu trop. La tension est encore très présente, il y a aussi des scènes difficiles. La conclusion est tout à fait en accord avec l’esprit de la série et l’évolution des personnages, mais je suis un peu déçue de la façon dont cela se termine pour certains. Je n’en dirai pas plus pour ceux qui ne l’ont pas encore vue.

 

Je n’ai pas vu beaucoup de séries québécoises jusque-là, surtout des premiers épisodes en festivals, mais à chaque fois, j’ai eu la même impression d’authenticité, de réalisme, dans les personnages, les situations. Et Marche à l’Ombre ne fait pas exception. Elle dépeint des personnages complexes et réalistes, aux prises avec leurs difficultés, leurs faiblesses, leurs doutes… que ce soient les agents ou les ex-détenus.

Ils évoluent pas mal au fil des 3 saisons, il y en a d’ailleurs certains que je n’aimais pas du tout au début, mais auxquels j’ai fini par m’attacher. Un même personnage peut aussi nous émouvoir ou nous agacer en fonction des situations. Mention spéciale à l’actrice Laurence Leboeuf qui crève l’écran dans le rôle de Rachel.

Les thèmes abordés sont variés, en plus de la réinsertion, de la criminalité et du travail au centre, la vie personnelle des protagonistes est l’occasion de nous parler de sujets comme les relations amoureuses, la vie de famille, la maladie, la religion…

Marche à l’Ombre est un très bon drama, que je ne peux que vous conseiller.

Et si vous l’avez déjà vue, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site de la série qui vous permettra d’en savoir plus sur les maisons de transition au Québec, les coulisses du tournage…

 

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