Torchwood, une facette plus sombre de l’univers de Doctor Who

Après un rewatch « fantastic » des 4 premières saisons de Doctor Who (2005), j’ai enchaîné avec son spin-off (et anagramme) Torchwood.

Torchwood est une organisation indépendante de tout gouvernement, qui a pour but de défendre la Terre contre les menaces extraterrestres. Elle apparaît à plusieurs reprises dans Doctor Who : la bataille de Canary Wharf, qui conclut la saison 2, se déroule dans les locaux de Torchwood à Londres. On aperçoit aussi la base de Torchwood Cardiff dans le final de la saison 4.

Créée par Russell T Davies, showrunner des 4 premières saisons de Doctor Who, la série Torchwood nous emmène à Cardiff, au Pays de Galles, où nous retrouvons le Capitaine Jack Harkness.

Malgré tous ces points communs, Torchwood est pourtant très différente de Doctor Who.

Je venais de terminer mon rewatch feel good de Doctor Who, je lance Torchwood en me disant que ça va être sympa de revoir Jack… et là bam ! des meurtres, du sang, du sexe. Bref, on sent bien que le public visé n’est pas le même !

Je ne sais pas à quoi je m’attendais, en fait je savais très peu de choses sur Torchwood. Je n’ai commencé Doctor Who qu’en 2014, à ce moment-là Torchwood était déjà terminée, ce qui explique que j’ai échappé aux spoilers… ou à toute information sur la série. J’ignorais donc à quel point l’ambiance de Torchwood était différente de celle de Doctor Who. Et ça surprend au début !

Plus sombre que Doctor Who, plus adulte, on « voyage » aussi beaucoup moins dans Torchwood. Pas de lieux/planètes/époques/aliens différents dans chaque épisode, Torchwood situe son action sur Terre (principalement à Cardiff, puis en partie à Londres et aux États-Unis), et presque toujours dans le présent.

Cardiff a la particularité, dans l’univers de Doctor Who, d’être située sur une faille spatio-temporelle. Régulièrement, des personnes ou objets traversent cette faille. Dans Torchwood, nous n’avons pas toujours affaire directement à des aliens, mais par exemple à des technologies extraterrestres, des personnes d’une autre époque, des phénomènes en lien avec la faille. Torchwood a alors pour mission d’enquêter et de protéger la population, en toute discrétion.

 

Les 2 premières saisons ont, la plupart du temps, une enquête bouclée dans chaque épisode. Les saisons 3 et 4 ont, au contraire, une intrigue qui occupe toute la saison.

La série commence quelques mois après les événements du final de la saison 2 de Doctor Who. Nous découvrons Torchwood par l’intermédiaire de Gwen Cooper, une policière qui remarque Jack sur une scène de crime, et cherche à en savoir plus sur cette organisation. Après quelques rebondissements, elle rejoint l’équipe : Jack Harkness, entouré d’Owen Harper, un médecin, Toshiko Sato, une génie de l’informatique, et Ianto Jones, qui travaillait déjà pour Torchwood à Londres.

La saison 1 met du temps à décoller, à trouver ses marques. J’ai eu du mal à accrocher pour plusieurs raisons. D’abord je ne suis pas fan des enquêtes différentes à chaque épisode, sans lien entre elles. Ensuite, on ne sait strictement rien sur les personnages au début, à part Gwen et Jack. Il faut attendre l’épisode 4 pour commencer à en savoir plus, et les personnages ne prennent vraiment de l’épaisseur que dans la 2ème moitié de la saison. Passé ce cap, la série devient plus prenante.

Mais la qualité est variable selon les épisodes, je me suis ennuyée devant certains. Et je suis restée sur ma faim concernant le passé de Jack, je pensais en apprendre plus, et les références à Doctor Who qui sont rares.

La saison 2 a répondu à mes attentes au sujet du passé de Jack, et j’ai été ravie de revoir un autre personnage de Doctor Who ! Cette saison va plus loin que la première sur bien des aspects : les enjeux sont plus importants, les risques aussi, les personnages évoluent. Elle fait preuve de plus d’originalité dans les intrigues, et les liens entre les épisodes sont plus nombreux. Et le final ! Sans spoiler, je dirai tout simplement que cette saison est forte en émotions.

Intitulée « Les Enfants de la Terre », la saison 3 concentre son intrigue sur 5 épisodes (au lieu de 13 pour les 2 premières saisons). L’histoire se déroule sur quelques jours, ce qui lui donne un rythme intense. Les épisodes avaient été diffusés sur 5 soirs consécutifs, accentuant l’effet « temps réel » de l’intrigue.

J’avais des doutes sur l’évolution de la série après le final de la saison 2, mais cette saison est très réussie ! Bien qu’elle soit plus courte que les précédentes, elle est plus audacieuse et pousse les personnages dans leurs retranchements. Elle nous permet aussi d’en apprendre plus sur Jack et Ianto. Et niveau émotions, là encore on est servis !

La saison 4, « Le Jour du Miracle », reprend le format d’une histoire étendue sur toute la saison, en 10 épisodes cette fois-ci… mais pas avec le même succès qu’en saison 3. Le nombre d’épisodes ne permet pas d’avoir un rythme aussi soutenu, les intrigues secondaires diluent le propos et n’apportent pas grand-chose, on perd de vue le fil de l’histoire par moments.

J’ai aussi été dérangée par le côté trop américain de cette saison. Co-produite avec la chaîne Starz, on sent la différence tant au niveau du budget que du scénario. Beaucoup d’action, des explosions dans tous les sens, une grande partie de l’histoire qui se passe aux États-Unis, des agents de la CIA… On perd un peu l’esprit Torchwood, c’est dommage.

La résolution du mystère tombe à plat, les explications ne sont ni claires ni logiques. Et la fin laisse une ouverture possible pour une suite, qu’on ne verra jamais puisque la série s’arrête là. Le final de la saison 3 aurait fait une bien meilleure conclusion.

 

Malgré cette fin décevante (si je revois la série un jour, ce sera sans la saison 4), et la qualité variable des épisodes, j’ai adoré découvrir une autre facette du Whoniverse, un côté plus sombre de Jack aussi, qui n’est pas aussi cool que dans Doctor Who.

Si vous aimez Doctor Who, ce n’est pas pour autant que vous aimerez Torchwood, à vous de voir si vous avez envie de tenter l’aventure !

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