Après : se reconstruire suite à un drame

Cette année, 3 séries québécoises figuraient parmi la sélection francophone étrangère du Festival de la Fiction de La Rochelle.

J’ai pu en découvrir deux (du moins, leur premier épisode) : Sortez-moi de moi (avec l’actrice Sophie Lorain vue dans Plan B saison 2), qui s’intéresse aux médecins des urgences psychiatriques, et Après, qui m’a particulièrement marquée.

Le sujet d’Après est très proche de celui de Bête Noire, québécoise elle aussi, vue il y a quelques semaines à Séries Mania. Mais ces deux séries le traitent de manière différente.

Après se focalise ainsi sur les conséquences d’un drame sur les victimes, les témoins, et plus largement, les habitants de la petite ville (fictive) de Lac Sabin. Un endroit où tout le monde se connaît ou presque, et où ce genre de tragédie, en l’occurrence une fusillade dans une épicerie, n’arrive jamais.

La série « donne une voix aux victimes quand les médias sont repartis », pour citer l’équipe venue la présenter. Que deviennent les blessés et les témoins d’un tel drame ? Comment continuent-ils leur vie après cet événement traumatisant ? Le deuil, la reconstruction, la résilience, c’est ce que veut nous montrer Après dans ses 6 épisodes.

L’après, ce sont les heures, les jours, les semaines, les mois qui suivent. Et même l’année, comme on peut le voir dans les quelques scènes montrant le tournage d’un documentaire, un an après les faits.

 

Dans ce premier épisode cependant, à part les scènes de tournage où Maryse, employée de l’épicerie, raconte devant la caméra ce qu’elle a vécu, l’action se passe juste après l’événement.

On ne voit pas directement les tirs, c’était une volonté des créateurs de la série. Mais on est plongé dans l’action alors que les derniers coups de feu retentissent dans le magasin, et que Maryse a pour réflexe, non pas de s’enfuir ou de se cacher, mais de chercher sa fille, Danahée, qui travaille là aussi. Et on va vivre avec Maryse et d’autres personnages, les minutes, les heures qui suivent.

Si Maryse fait preuve de beaucoup de courage et de sang-froid, en faisant sortir des gens, en aidant sa collègue blessée, en appelant les secours, ce n’est pas le cas de tout le monde. Différentes réactions nous sont montrées, du collègue qui filme avec son portable, au patron insensible qui ne pense qu’aux conséquences pour son commerce, et ne prend même pas la peine d’aller voir ses employés blessés.

Des réactions variées, certaines peuvent paraître étranges au premier abord, mais sont très naturelles, je ne pense pas qu’on puisse agir de manière rationnelle dans une telle situation. Nous-mêmes, comment réagirions-nous à leur place ? Impossible de le savoir à moins de l’avoir vécu.

Ces réactions, mais plus généralement les actions et les paroles des personnages, m’ont frappée par leur authenticité, leur justesse. Des qualités que je remarque d’ailleurs souvent dans les séries québécoises.

Un premier épisode très réussi, mais je suis restée un peu sur ma faim, j’aurais aimé voir l’aspect résilience, espoir, évoqué par les créateurs de la série.

Comment Maryse, les autres personnages et cette petite communauté vont-ils se reconstruire dans les 5 épisodes suivants ? C’est ce que je voudrais découvrir. Une chaîne française pour l’acheter ?

 

Après a reçu le prix de la meilleure fiction francophone étrangère au Festival de la Fiction de La Rochelle.

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